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THéâTRe aMOk créations

L'amour sous la mitraille, 3 farces du Moyen-Âge

une guerre des sexes, violente, hystérique et vulgaire






Notes de mise en scène


Dans un espace épuré, des couples s'affrontent.
C'est une comédie. Des couples se querellent pour des motifs anodins où se cache un conflit latent qui cherche une lézarde pour s'exprimer. Ici, l' affrontement éclate, il trouve une expression.

Le corps suit la pensée, dans son horreur, ses insultes, et sa violence crue. Ils deviennent des animaux pris au piège. Cette survie poussée dans les retranchements du terrier parle du corps . Les muscles sont à fleur de peau, et un désir de part et d'autre de corps à corps naît.

Ainsi l'homme et la femme veulent en découdre, ils sont hors d'eux-mêmes.
Les arguments de stratégie sortent: « La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens » Winston Churchill.


Devrons-nous évoquer un Moyen Age pour justifier ces rapports ? Devrons-nous dire : où est la philosophie et ses possibilités ?
Devrons-nous maudire un humain toujours aux portes de la barbarie ?

N'y a-t-il pas là une politique, une gestion de l'espace social et sa cordialité ? Plongée au cœur du couple, la politique passe la porte de l'espace privé. C'est un jeu de stratégie et de lutte pour le pouvoir. Derrière les discours se cache la question : Qui va dominer l'autre ?

Il ne s'agit pas de se précipiter, il faut poser, observer, jalonner, délimiter le lieu, le champ d'étude et envisager le regard, le risque.

« L'idée que toute action théâtrale réside dans l'élévation des scènes privées au niveau de l'histoire. » Erwin Piscator.



« La farce nous présente une réalité mise à l'envers. Elle est tout sauf "sale"; ni convenable, ni morale, mais jamais hypocrite. La farce ne tourne pas autour du pot, elle mettrait plutôt les pieds dans le plat. Et avec une surprenante actualité. Des femmes qui revendiquent leur droit au plaisir et ne font que collectionner de médiocres aventures, des hommes qui font le plus grand cas de valeurs viriles et que taraude sans cesse l'obsession de l'impuissance... »
Bernard Faivre.




Propositions

Trois personnages seuls
Lisent le journal
Trois fois comme un cauchemar
L'espace se transforme en ring
Et la farce intervient
Conflit comique
Enchaînements absurdes
Au rythme étrange du rêve.

L'obstination des femmes :
C'est le prototype de la scène de ménage. Rifflart, grande gueule et bonne pâte, contre Finette verbe haut et tête dure. Le match tiendra ce qu'il promet. Le prétexte en semble futile : une cage à oiseaux à laquelle il faut trouver un locataire. Le mari en tient pour une pie et la femme ne jure que par un coucou. Quelle importance dira-t-on... Pas si sûr: au XVIe siècle, le même mot coucou désigne le "cocu"; quant à la pie, c'est le symbole traditionnel du caquetage féminin; et chacun dans le public d'alors comprend bien que Rifflart veut encager sa femme et Finette tenir sous sa coupe son lourdaud de cocu. Choc frontal de deux entêtements qui engendre forcément des étincelles...

Le Cuvier :
Rifflart et Jacquinot sont de la même confrérie: celle des maris qui regimbent dans leurs soliloques, mais baissent le ton dès que l'épouse approche. Ainsi, Jacquinot cesse de filer doux coincé entre deux terrifiantes mégères: la belle-mère, mielleusement caustique, prêche la soumission; l'épouse, brutale et rogue, aboie ses ordres. Et le pauvre Jacquinot, courbé sur son papier comme un cancre apeuré, prend sous la dictée l'interminable liste des obligations ménagères comme autant de clauses de sa reddition sans condition. La moindre objection entraînant les menaces et bien vite les gifles. Puisqu'on le traite comme un sale gosse, Jacquinot va répliquer par une blague d'écolier sournois

Le Chaudronnier :
Ici, les deux crient aussi fort et tapent aussi dru l'un que l'autre. Le couple en vient aux coups, la femme est si peu en reste qu'après une rude empoignade, l'homme doit se résoudre à demander grâce. La scène de ménage se mue en pari du silence où chacun des deux époux gage qu'il se taira plus longtemps que l'autre. Finie la bagarre et les éclats de voix : corps figés et bouches closes, ils se guettent du coin de l'œil en attendant que l'autre craque. L'arrivée du Chaudronnier va donner tout le piment à la situation : ses offres de services ne suscitant pas le moindre écho, le Chaudronnier va mettre un point d'honneur à dérider les deux magots...





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